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Policy Issues

L’Agence Informatique de l’Etat au Sénégal œuvre pour mettre les NTIC à la portée de tous

QUTidiane Seck dirige l'Agence de l'Informatique de l'Etat (ADIE) depuis 2003. Rattaché à la Présidence de la République, cet organisme a pour mission de mettre en place la stratégie NTIC de l'Etat. Du gouvernement à l'e-gouvernement puis du Sénégal à l'e-Sénégal, voilà les transformations que l'ADIE a pour mission d'accompagner. Placer les nouvelles technologies au coeur du fonctionnement de l'administration cela passe nécessairement par la formation des fonctionnaires. Tidiane Seck connaît son sujet : avant de prendre la tête de l'ADIE, il a été directeur du département informatique à Université de Dakar et il enseigne encore à ses heures perdues. Ce passionné de recherche, de technologie et d'informatique nous dit l'importance de la formation, sous toutes ses formes, pour aider à transformer un pays.

ADIE

L’Agence de l’Informatique de l’Etat (ADIE) est rattachée à la Présidence de la République et a pour mission de mettre en place la stratégie NTIC de l’Etat. Du gouvernement à l’e-gouvernement puis du Sénégal à l’e-Sénégal, voilà les transformations que l’ADIE accompagne. Pour cela, elle s’appuie sur une infrastructure performante et notamment un centre de ressources intranet gouvernemental qui relie tous les agents de l’état. Basé sur un réseau de fibres optiques, ce centre est déjà à 90 pour cent complet. Le déploiement s’est déroulé en 9 mois au lieu des 2 ans prévus, un grand motif de satisfaction pour le gouvernement. E-Learning Africa a interviewé le directeur de l’ADIE.

eLA : Quelles sont les missions de l’ADIE et en quoi la formation est-elle un point clé dans votre statégie ?

Tidiane Seck : Notre fer de lance c’est non seulement de favoriser l’utilisation des nouvelles technologies au sein du gouvernement mais aussi, plus largement pour tous les citoyens. Cela passe évidemment par la formation et le développement des compétences. Aussi, nous mettons à disposition des fonctionnaires, des modules de formation en ligne. Au début, nous avons parfois du imposer cette formation et maintenant, nous voyons de plus en plus de gens qui sont spontanément demandeurs.

On le voit pour le personnel du gouvernement et dans les entreprises : la demande de formation est croissante, de plus en plus de personnes veulent en bénéficier et continuer à apprendre tout au long de leur vie. Au niveau de la société dans son ensemble, c’est la même chose. Tout le monde devrait avoir accès à des formations pour se familiariser avec les NTIC,  c’est un enjeu de justice sociale. Mais là, ça devient beaucoup plus compliqué, et surtout beaucoup plus coûteux en termes de licences d’utilisation. Alors nous sommes en pleine réflexion pour trouver des façons de contourner ces obstacles.

eLA : Comment pensez vous y arriver ?

Tidiane Seck : Et bien au lieu d’acheter les contenus à l’étranger, nous devrons nous appuyer sur des entreprises locales qui les développeront. Nous devons trouver les financements et les compétences pour cela. La question des contenus de formation en ligne est très importante parce qu’elle doit être adaptée en fonction des publics et des applications, et de plus il faut des mises à jour régulières. Nous avons encore du chemin à faire mais ça n’empêche pas qu’il y ait beaucoup d’initiatives locales en cours. Souvent menées grâce à un partenariat Ecole/ ONG /bailleurs de fonds, elles permettent de développer de nouvelles méthodes d’enseignement et ouvrent la voie pour des projets à plus large échelle.

eLA : Le Sénégal accueillera eLearning Africa au mois de Mai prochain, qu’attendez vous de cet évènement ?

Tidiane Seck : Le Sénégal se réjouit d’être l’hôte de cette manifestation. Ce sera l’occasion de montrer ce que nous savons faire mais aussi découvrir les initiatives des autres pays en termes de e-formation. Je crois qu’il n’y a rien de tel que le partage d’expériences pour convaincre ceux qui seraient encore réticents ou sceptiques. Et justement, si nous voulons mener à bien notre projet de formation de tous les citoyens, nous devons sensibiliser le maximum d’acteurs dans le domaine.

eLA : De votre côté, qu’allez vous montrer ?

Tidiane Seck : Nous présenterons d’une part ce que l’ADIE a réalisé en interne pour la formation des fonctionnaires du gouvernement mais également ce qui se passe dans les universités et dans le domaine de la médecine. En termes d’infrastructure, cela est possible grâce au centre de ressources intranet du gouvernement que nous sommes en train de terminer.

Au sein du gouvernement, comme je le disais au début, nous avons mis en place une plateforme de formation en ligne qui permet la formation continue. Chacun peut développer ses compétences tout au long de sa carrière. Tous les fonctionnaires y ont accès. Ils peuvent être très autonomes mais  nous avons remarqué toutefois que plus les personnes sont suivies, meilleurs sont leurs résultats.

En ce qui concerne les universités, précisons tout d’abord que les 5 universités du Sénégal seront très bientôt interconnectées grâce à un réseau de fibre optique, nous pourrons donc montrer un exemple grandeur nature de téléconférence utilisée à des fins de formations. Par exemple, un professeur de l'Université de Dakar, grâce au réseau, peut dispenser des cours magistraux à des étudiants de Ziguinchor ou ailleurs à l'intérieur du pays.

Dans le domaine médical, les technologies de l’informations sont déjà très largement utilisées pour des échanges de compétence entre les établissements et également pour la formation. Les exemples de télémédecine feront partie des expériences réussies que nous partagerons.

eLA : Merci de votre temps.

 

Pour en savoir plus :
ADIE Sénégal www.adie.sn

Le Février 6, 2009

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