Médecine et eLearning – Dépassons les limites
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A Bruxelles, des mains vêtues de gants chirurgicaux réalisent de façon habile et précise des incisions abdominales. Au Sénégal, les participants attentifs de l’atelier pré-conférenciel « Démonstrations de Télémédecine », lors de eLearning Africa, regardent au même moment sur un écran géant : la vidéochirurgie transnationale, réalisée par le professeur Guy-Bernard Cadière à Bruxelles pour les étudiants en médecine sénégalais, était un excellent préambule aux trois jours de conférence pendant lesquels la santé deviendrait le sujet clé. La variété de l’offre – vidéoconférences portant sur des sujets chirurgicaux, un jeu sérieux
pour « combattre la fièvre jaune », de la documentation sur la malaria, le traitement du VIH et bien plus – démontra le niveau de qualité, ainsi que l'urgence, d’une formation médicale innovante du personnel. Sur le continent africain, qui aurait besoin de plus d'un million de médecins, infirmières et sages-femmes supplémentaires, et où des services médicaux basiques ne peuvent pas être assurés, le eLearning est considéré comme un moyen indispensable pour développer des ressources humaines. Lors de eLearning Africa, des experts venus de toute l’Afrique et de l’étranger eurent la chance d’en apprendre davantage sur les nouveaux systèmes et technologies d'apprentissage, les nécessités techniques, le développement de contenu durable et les stratégies d'implémentation.
Les sujets liés à la santé firent partie des problématiques les plus saillantes des conférences et sessions de eLearning Africa de cette année et nombreux étaient ceux qui y ont assisté. Cependant, tandis que des projets élaborés de télémédecine et de télémentoring donnèrent une vue d’ensemble impressionnante sur le moyen de combiner la technologie de pointe à l’expertise médicale, de nombreuses présentations abordèrent une problématique plus basique. « Comment appliquer la connaissance médicale à la réalisation de science de haute technologie dans des environnements inadaptés » était la problématique clé sur laquelle débattaient les députés gouvernementaux,
les universités, et les grandes organisations de la santé et des soins telles que l’AMREF, l’USAID, le GDLN, l’Université de Lomé au Togo, le Ministère de la Santé et de l’Aide sociale de Tanzanie, l’Agence de Médecine Préventive (AMP) et l’IICD. Aussi, un nombre particulièrement important d’experts provenant du pays d’accueil de eLearning Africa, le Sénégal, étaient présents.
Comment gérer des implémentations à grande échelle
Il y a manque évident d’experts en médecine dans la plupart des pays africains. Le continent, avec 13,8 % de la population mondiale, fait face à 25 % des maladies mondiales mais ne dispose que d’1,3 % du personnel mondial de la santé (source : l’OMS). En plus du problème handicapant du VIH et de la malaria, le nombre de maladies cardiovasculaires augmente en Afrique en raison de la malnutrition, et à l’instar des pays développés en raison de régimes chargés en graisses et en sucres. Comme de nombreux gouvernements africains sont impliqués dans l’implémentation de réformes liées à la santé, la demande de méthodes rentables d’échange de connaissances et de projets de formation à grande échelle est élevée. Lors de eLearning Africa, plusieurs solutions de eSanté et de eLearning concernant la flexibilité,
l’accessibilité et la portabilité furent étudiées et présentées. Le suivi et l’évaluation furent d’autres sujets intéressants.
Caroline Mbindyo, qui dirige le programme eLearning de l’AMREF, par exemple, a présenté une étude à Dakar basée sur les expériences de l’AMREF « Implémentation d’un programme eLearning à grande échelle – Une expérience au Kenya » pour aider les institutions songeant à introduire des programmes similaires en Afrique. Comme la plupart des guides d’implémentation ont été conçus pour le monde développé, l’AMREF a voulu faire partager les leçons apprises et identifier les facteurs importants de réussite de l’implémentation d’un programme eLearning dans un environnement africain authentique. De ce fait, un guide d’implémentation déterminant fut conçu à partir de projets au Kenya et d’études reproduites en Uganda, en éthiopie et en Afrique
du Sud, et fut très demandé par les institutions partenaires, comme le montre un rapport de conférence de Tanzanie.
Mieux vaut « rester simple »
Beaucoup de tendances actuelles dans la eSanté et le eLearning pour la santé purent être observées lors de la conférence. Les nombreuses méthodes présentées comprenaient des installations de vidéoconférence ainsi que des technologies sociales, des CD-ROM, DVD, VCD, sans oublier les documents imprimés et l’enseignement par téléphone. La connectivité sans fil et les appareils mobiles furent considérés comme de nouveaux outils essentiels dans la gestion de la santé du patient, des dossiers électroniques et de la facturation médicale dans les milieux de télémédecine.
Malgré l’existence de nombreuses solutions haut de gamme, il y a une vérité dans le dicton « rester simple ». Le professeur Daniel Tumaini Kisimbo du Ministère de la Santé et de l’Aide sociale de Tanzanie, par exemple, a abordé le problème d’ordinateurs et de couverture Internet, particulièrement dans les zones rurales et les banlieues. Bien que des technologies de vidéoconférences bas-de-gamme soient employées dans des endroits tels que Zanzibar, l’apprentissage à distance basé sur des documents imprimés est considéré comme étant plus efficace et plus populaire en Tanzanie. Par conséquent, il préconisa l’utilisation de technologies simples comme les CD-ROM, les DVD, ou les cassettes audio. Cependant, ce dernier vit aussi un brillant avenir pour les technologies de vidéoconférences haut-de-gamme,
telles que les vidéoconférences numériques, étant donné que des câbles à fibres optiques sont actuellement en cours d’installation dans des pays tels que la Tanzanie.
Célestin Compaoré, de SOS/Jeunesse et Défis Burkina Faso, a présenté la banque de données virtuelle complète qu’il souhaite constituer pour lutter contre le paludisme. C’est le premier projet de la sorte dans son pays – accessible à toutes les personnes concernées par la maladie, y compris les journalistes. Un programme varié d’apprentissage à grande échelle réussi, visant la formation des responsables des vaccinations, fut présenté par le Professeur Joseph Aka, de l’Université de Cocody, à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
De plus, la création de contenu durable et rentable ainsi que l’utilisation d’outils Open Source reçurent beaucoup d’attention. Ici, une installation eLearning très développée pour la formation des professionnels de la santé en Tanzanie fut présentée par l’institution allemande de développement InWEnt en partenariat avec le fournisseur de eLearning autrichien Common sense eLearning & training consultants GmbH et le Centre de formation pour les technologues orthopédiques de Tanzanie (TATCOT).
« La santé est un problème prédominant dans l’arène eLearning d’Afrique : le eLearning en matière de santé est absolument essentiel pour le continent car il aide à surmonter les difficultés de l’éducation, telles que la formation de milliers de professionnels de la santé et l’apport de meilleurs soins à des millions de gens. Les progrès réalisés dans des domaines clés, tels que les soins prénatals, démontrent à quel point ces opportunités d’apprentissage sont importantes. Pour ces raisons, nous maintiendrons et augmenterons l’expertise de la santé dans le programme de eLearning Africa », a déclaré l’instigatrice et organisatrice de la conférence, Rebecca Stromeyer.
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